La Cadence | 10
Janvier. Peut-être que pour toi aussi, c'est souvent le mois où tu te promets d’écrire et de communiquer davantage. D’être plus visible. Plus régulière. Plus claire aussi. Ce ne sont pas les outils qui manquent, ni même les idées. Le plus souvent, ce qui te fait défaut, c’est sans doute autre chose.
On incrimine l’IA quand un texte sonne creux. On accuse le manque de temps quand on n’écrit pas. On se dit qu’il faudrait “mieux formuler”. Mais dans la grande majorité des cas, le problème n’est pas là.
Pourquoi j’écris ce texte maintenant ?
À qui je m’adresse, vraiment ?
Et avec quelle posture je m'exprime ?
Pour cette première édition de l’année, j’ai eu envie de revenir à cet endroit précis : celui qui précède l’écriture. Celui que tu sautes peut-être souvent, par manque de temps ou par habitude alors qu’il conditionne tout le reste.
Clarifier avant d’écrire. C’est moins spectaculaire que produire.
Mais c’est de loin, ce qui fait la différence !
Au programme :
🌱 Pourquoi 80 % des contenus échouent avant même la première phrase ?
🚦 Trois points de vigilance en amont de l’écriture
👀 Ce que révèle le questionnaire de décembre : ce n'est pas l'écriture qui bloque
🎁 Etude de cas avec Cristel ✚ une ressource partagée à toutes
❤️🔥 Qui remportera le coup de pouce éditorial du mois ?
Quand un contenu ne fonctionne pas, la réaction est presque toujours la même : on cherche à améliorer la forme. On réécrit. On raccourcit. On demande à l’IA une version “plus fluide”, “plus impactante”, “plus punchy”.
Mais cette logique intervient trop tard.
Page “À propos”, pitch, newsletter, publication LinkedIn... dans la majorité des situations que j’observe, le point de rupture se situe bien avant l’écriture. À un moment beaucoup moins visible, mais décisif : la phase de clarification.
Écrire suppose d’avoir déjà tranché un certain nombre de choses. Or, ces décisions sont souvent laissées en suspens.
👉🏻 À qui je parle exactement aujourd’hui ?
👉🏻 Quel est le niveau de compréhension, de maturité, d’attente de la personne qui lit ?
👉🏻 Qu’est-ce que je veux qu’elle comprenne indépendamment de toute action à mener ?
Si ces éléments ne sont pas clairs, le texte devient bancal. Il hésite. Il se justifie. Il en dit trop, ou pas assez. Ce n’est pas un problème de style. C’est un problème de cadrage.
C’est l’erreur la plus répandue. Plus ta cible est large, plus ton message se dilue. Ton texte devient neutre, consensuel, sans aspérité. Personne ne s’y reconnaît à 100 %.
Savoir ce que dit ton message, c'est bien. Clarifier pourquoi tu le dis, c'est mieux. Informer n’est pas une intention. Partager non plus. Sans intention claire, ton texte avance sans direction précise.
On écrit pour “voir ce que ça donne”. On espère que le sens émergera en cours de route. Parfois, ça fonctionne. Souvent, non.
L’intelligence artificielle n’a rien changé à ce principe fondamental. Elle l’a rendu plus visible. Un brief flou produit un texte flou. Une intention mal formulée génère une réponse approximative.
L’IA n’écrit pas mal. Elle révèle les zones imprécises. Clarifier, ce n’est pas brider ta créativité. C’est lui donner un cadre dans lequel elle peut réellement s’exprimer.
C'est exactement ce qu'expliquait Marie Dollé lors d'une conférence sur l'intelligence artificielle en décembre à Saint-Malo. "C'est dans l'équilibre humain et machine que la créativité est possible. Elle doit nous aider à réfléchir pour sortir du lot.” J'en parle ici.
Ces constats, je ne les ai pas posés uniquement depuis mon bureau. Avant de te les partager ici, j’ai eu besoin de vérifier une chose : est-ce que ces zones de flou sont réellement partagées ? Ou bien est-ce une lecture biaisée par mon métier ? Le mois dernier, j’avais partagé ce questionnaire.
L’objectif était simple : comprendre où se situent les vrais points de friction quand il s’agit d’écrire sur ton activité. Les réponses que j'ai reçues ont confirmé mon intuition : les blocages portent assez peu sur le “comment écrire”. Ils apparaissent bien plus tôt, au moment où il faudrait décider.
👉🏻 des objectifs flous ou multiples
👉🏻 des cibles trop larges pour être réellement incarnées
👉🏻 une difficulté à choisir une posture claire : experte, pédagogue, commerciale, personnelle ?
Résultat : un même contenu cherche souvent à tout faire à la fois : rassurer, expliquer, convaincre, vendre. Sans hiérarchie. Sans priorité.
La plupart d'entre vous se sentent plutôt à l’aise à l’oral, mais se figent à l’écrit. Non par manque de mots, mais parce que qu'elles veulent TOUT dire. Or, quand aucune décision n’est pas tranchée en amont, l’écriture devient une charge mentale.
Les réponses qui guideront aussi les prochaines éditions de La Cadence :
❓Si tu devais décrire ta manière d’écrire ou de communiquer en trois mots, ce serait quoi ?
👉🏻 50 % ont répondu : "Sensible & émotionnelle : je mets beaucoup de moi dans mes mots”
❓Quand tu dois parler de ton activité à l'oral ou à l'écrit : qu'est-ce qui te bloque le plus aujourd'hui ?
👉🏻 67 % ont répondu : "Savoir quoi dire en premier (prioriser mon message).
❓Qu'est-ce qui te manque pour te sentir vraiment toi quand tu écris ?
👉🏻 67 % ont mis en avant : de la confiance (“oser écrire”), de la simplicité (“arrêter de compliquer ce qui pourrait être fluide”), “un fil conducteur qui me ressemble”.
❓Dans ta communication, qu’est-ce qui te fatiguerait moins si tu pouvais l’alléger ou le simplifier ?
👉🏻 50 % ont répondu : "Me relire et douter de chaque phrase."
✚ une ressource partagée à toutes !
Le concours « Ton pitch comme une évidence » me permet de vous partager un cas très parlant et sans doute familier pour beaucoup d’entre vous : le pitch. Dans celui de Cristel, on percevait clairement :
- son sérieux
- la richesse de ses approches
- et une vraie posture d’accompagnement, respectueuse et engagée.
Bref, rien d’un pitch “à refaire de zéro”. Et pourtant, à la lecture, quelque chose résistait.
Une entrée en matière très centrée sur le « je » :
Je m’appelle…”, “Je suis…”, “J’accompagne…”, “Je travaille…” Les formulations sont justes, mais leur accumulation crée une distance, une impression centrée sur la praticienne plutôt que sur la personne qui a besoin d’aide.
Les outils arrivent trop vite
Sophrologie, Présent’Ciel de Naissance, explications détaillées… Alors qu’à ce stade, le lecteur cherche d’abord à comprendre en quoi on peut l’aider, pas encore comment.
Une tonalité anxiogène sans le vouloir
L'accumulation des mots “débordées”, “épuisées”, “ne plus avoir de bouton pause” décrivent une réalité bien réelle, mais lus à froid, ils peuvent accentuer le poids de ce que la personne vit, là où elle cherche surtout de l’apaisement et un espace pour souffler.
La vraie promesse se fait attendre
La promesse restait trop implicite. On la devine, mais elle n’est pas formulée clairement comme une phrase pivot : ce que son accompagnement permet de retrouver, concrètement.
Mon travail n’a pas tant consisté à embellir le texte qu'à remettre les choses dans le bon ordre :
👉🏻 Commencer par ce que vit la personne
👉🏻 Nommer la transformation recherchée
👉🏻 Puis seulement ensuite : présenter l’approche, les outils, la posture.
Le pitch retravaillé est plus respirant, plus lisible. Les outils deviennent des moyens, pas le cœur du message. La posture est plus incarnée, plus évidente.
⬇️ Je te laisse juger par toi-même ! Parce que ce travail ne concerne pas que Cristel, j’ai fait le choix de partager avec toi l’intégralité de cette ressource : l’analyse, les axes de progression, la version retravaillée ainsi qu'un prompt IA pour clarifier avant d’écrire. 🎁 👀 Et voici aussi de quoi connaître mieux Cristel via son site internet, Linkedin et Instagram. |
Chaque mois, dans La Cadence, j’ai envie de faire plus que transmettre des idées. J’ai envie de vous aider à partir du réel. Concrètement, cela signifie qu’une abonnée sera sélectionnée pour que je fasse évoluer l’un de ses contenus. Je partagerai ensuite avec l’ensemble des abonnées une ressource gratuite, utile et réutilisable.
Pour cette édition de Janvier, le contenu choisi est la page “À propos”. Un texte central, souvent difficile à écrire, et pourtant déterminant pour la suite.
Comment participer ?
2 conditions simples, mais importantes :
👉 Lire l’intégralité de cette édition
👉 Me faire un feedback via le court questionnaire du mois parce que ton retour nourrit directement les prochaines éditions.
👉 Parmi les personnes ayant lu l’édition et répondu au questionnaire, l’une sera tirée au sort.
Je travaillerai sur sa page “À propos”, puis je partagerai les enseignements clés avec toutes les abonnées à la manière de ce que j’ai fait ce mois-ci avec Cristel. Partante ?
Retrouve toutes les punchlines de La Cadence sur Instagram ou consulte la page Linkedin.Toutes les éditions de la Cadence sont juste ici💌 La Cadence by Anne-Gabrielle |